"Vous n’avez pas le monopole du hashtag"


Bonjour Les Internets !

Aujourd’hui est le jour d’un billet un peu particulier, à propos de Twitter, du hashtag, et du travail en bonne et collective intelligence.

Hier en fin d’après-midi, via @lyclic, nous avons souhaité introduire des interactions pédagogiques autour de la balise "#ReviserLeBac". Cette balise, et cette méthode, ont été originellement et originalement mises en place par Laurence Juin, enseignante d’histoire-géographie, et pionnière de l’utilisation de Twitter en environnement scolaire. Nous avons beaucoup de respect pour Laurence Juin et d’autres enseignants ou acteurs du monde éducatif qui nous inspirent et nous ouvrent des perspectives dans la vision que nous avons de l’éducation et de ce qu’elle peut devenir.

Notre initiative a occasionné un court échange de tweets, assez secs, sur l’utilisation partagée de la balise "#RéviserLeBac". Le problème était qu’une utilisation générale de cette balise allait « polluer » et « modifier » les objectifs qu’avait définis Laurence Juin pour cette activité. Nous avons acté de cette situation, et transformé notre balise. A l’issue de ce court échange, qui au pire ne pouvait être qu’un malentendu, nous avons évoqué brièvement chez Lyclic l’opportunité d’écrire un billet partagé avec l’enseignante sur cette question précise : l’utilisation du hashtag. Cette réflexion aurait pu prendre la  forme d’un dialogue, d’une interview, en tout cas d’un échange cordial et passionné entre deux acteurs du web éducatif, nonobstant leur nature différente.

Mais ce matin,  nous avons eu la surprise de lire un billet stigmatisant et qui nous semble être assez contradictoire. Dans ce billet, intitulé "A qui appartient un hashtag sur Twitter ?", Laurence Juin revient sur ces quelques tweets échangés la veille.

C’est à ce billet que nous avons souhaité ici réagir.

Il est évidemment convenu que personne ne possède un hashtag, mot-clé, thème, balise… Ce qui est plus compliqué, c’est l’utilisation du ou des flux qui s’agrègent autour de ce hashtag.

Ce qui suit peut paraître une banalité, mais son rappel semble nécessaire. Le web et les technos numériques permettent et promeuvent le partage, la collaboration, l’échange, la participation d’individus aux savoirs et aux attentes différentes. Ces nouvelles pratiques peuvent occasionner, par leur jeunesse, des frictions, qui sont fertiles quand « bonjour » et « merci » les encadrent.

Le général et le particulier

Laurence Juin écrit que généraliser une balise pourrait « polluer » et altérer la lisibilité du projet original.
D’une part, la balise « #RéviserLeBac » nous semble très générale pour une expérience concernant un microcosme. A titre d’exemple, si nous avions voulu proposer la même expérience de révisions collectives auprès d’un public très restreint, nous aurions pu choisir « #RéviserLeBacAvecLyclic », si cela concernait uniquement notre plateforme, ou « #ReviserLeBacL » si nous proposions des révisions pour une seule filière.
D’autre part, cette « pollution » et cette altération de la lisibilité font partie du déchet inévitable de toute expérimentation communautaire. Celles-ci sont inhérentes à la collaboration, et c’est à la fois l’avantage (la profusion de points de vue) et l’inconvénient (le tri laborieux mais nécessaire) d’un projet tel que Wikipedia, par exemple.

Les inconvénients ont donc été signifiés, mais rien à propos des avantages qu’apportent le partage des savoirs et la contribution de la multitude, la participation de plusieurs acteurs à une même aventure.

Dans ce billet, il y a un rappel des objectifs et des codes du projet, eux-mêmes détaillés dans un billet paru le 15 avril 2012. Au-delà de certains termes utilisés à notre égard, c’est à la relecture de celui-ci qu’une triste perplexité nous envahit. Il y est écrit : « Tout tweeteur peut participer en rédigeant des questions : enseignants de la classe, élèves ou toute personne qui nous suit sur Twitter. » Plus loin, dans les plus-values pédagogiques : « Usages des réseaux sociaux : ouverture de la classe, décloisonnement des savoirs et interactions. » C’est bien ce décloisonnement des savoirs et des interactions qui nous interpelle, car ces mêmes termes sont au centre de notre projet, de notre quotidien, et de nos convictions professionnelles et personnelles. Et c’est précisément parce que nous avons lu le billet « Réviser le bac avec Twitter », ainsi que la plupart des billets de Laurence Juin, lorsqu’il a été publié, que nous nous sommes reconnus dans les conditions et les ambitions numériques des activités de l’enseignante rochelaise. Bien mal semble nous en avoir pris.

Billet qui, au demeurant, se concluait par une invitation à l’échange, à la contribution, au travail collectif « Vous êtes donc tous bienvenus dans ces tweet-révisions ! ».  Lisons juste : « tous » c’est tous sauf nous, étant donnée la méthode employée pour le rappel à l’ordre.

Mais qui sommes-nous ?

Les leçons de Laurence Juin sur les codes de Twitter nous laissent songeurs. Quiconque s’est déjà promené sur notre compte Twitter, notre compte scoop-it, nos chroniques ou bien encore notre blog prendra aussitôt la mesure de l’attachement que nous portons à ces codes, au fair use, au respect de l’interlocuteur, à la prudence, etc. Loin d’être infaillibles dans ce que nous faisons, nous n’en sommes pas moins sûrs de nos choix et de nos valeurs libres, même si chaque jour, chaque échange est l’occasion d’apprendre et de mûrir notre démarche.
Nous ne vendons rien aux utilisateurs membres de notre communauté. Il n’y a chez Lyclic que bonne foi, volonté, huile de coude, et la sincère envie de permettre à chacun d’apprendre, d’enseigner, et de penser ensemble.

L’évocation du phare par Laurence Juin est judicieuse, mais encore faudrait-il préciser qu’un phare éclaire chaque navire. #OnEstMarinsChezLyclic

Pour en finir librement

Pour clore, nous avons évidemment transformé notre balise. Comme écrit, nous avons bien compris les motivations de @frompennylane, seulement, « à regrets » pas parce qu’il fallut changer la balise mais parce que l’échange prit la forme d’un rappel à l’ordre étonnement impératif, loin de la concertation et du respect portés si haut par Laurence Juin, et pourtant partagés par nous.

En conséquence et in fine, notre surprise ne vient pas tant de la balise mais de la déconsidération de notre activité qui émane du billet posté ce matin. Nous sommes un tweeteur comme les autres, un acteur attentif et passionné du web éducatif. Alors pourquoi « récupérons-nous » une balise quand d’autres « l’utilisent » ?

Nous avons fait de ces mots, offerts au monde par leur auteur, notre devise : « Pour enseigner une bonne citoyenneté, les écoles ont la mission d’enseigner non seulement les faits et les compétences techniques, mais par-dessus tout l’esprit de bonne volonté, l’habitude d’aider les autres. » #rms

Librement vôtre,

La Team Lyclic

PS : Les injonctions unilatérales et impératives, chez Lyclic, on les accepte seulement quand elles viennent du Chef de l’Internet, aka @korben ! ;-)

PS2 : Et Laurence, si un jour vous passez du côté de chez nous, tweetez-nous, on vous offrira un café et on pourra parler ! :)

Texte : Lyclic

Illustrations : Lyclic

Video : Jcfrog

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Une réponse à "Vous n’avez pas le monopole du hashtag"

  1. ephemerete dit :

    Je vais l’octroyer un droit de réponse que vous publierez si vous le souhaitez. Mes tweets et mon billets n’avaient rien de "sec" , c’est votre interprétation. D’ailleurs, je n’ai cité dans ce billet personne puisque je ne souhaitais pointer personne en particulier. Je ne me sens ni victime ni agresseur. Ce post était justement une analyse de ce qu’on produit sur les réseaux, de ce qui tombe dans le domaine public , ce que nous pouvons maîtriser …ou non. Cette balise est tombée "dans le domaine public" (grand mot pour si peu!). Que chacun en fasse ce qu’il souhaite. Elle est généraliste? Oui! Elle a été créée par une classe de bac pro pour réviser le programme de bac pro. Est ce si difficile à comprendre ? À accepter? Comment mes élèves vont-ils se repérer dans ce flux de tweets qui ne correspondra pas à leurs objectifs ? Est ce pour leur rappeler qu’ils ne font pas philo, qu’ils n’ont pas économie , ou qu’ils n’ont pas le pg de maths d’une term s? Nous serions une classe de bac général, ça serait cohérent. Mais c’est le bac pro. Une autre filière. Si une autre classe de bac pro venait tweeter avec cette balise, ce serait cohérent, là ça ne l’est pas.
    J’ai utilisé le terme pollution tel qu’en son sens strict "Pollution : La pollution est une dégradation de l’environnement par l’introduction dans l’air, l’eau ou le sol de matières n’étant pas présentes naturellement dans le milieu. Elle entraine une perturbation de l’écosystème dont les conséquences peuvent aller jusqu’à la migration ou l’extinction de certaines espèces incapables de s’adapter au changement." .
    Je transmettrai cette "polémique" aux créateurs de la balise, c’est à dire, mes élèves. Au moins seront-ils fiers d’avoir créé une balise qui suscite autant de discussions et d’envies ! J’en resterai là. Encore une fois, si vous lisez correctement mon post , vous comprendrez que je n’étais que dans l’analyse, pas dans le jugement. Que vous l’ayez interprété autrement le désole. Je n’ai pas pour habitude de chercher l’adhésion du plus grand nombre. Les blogs ne sont qu’un moyen de prendre un peu de recul face à les pratiques en classe. Cordialement Laurence Juin

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